La fin de vie est une question épineuse qui fait régulièrement la une de l’actualité. Ce fut récemment le cas à travers la personne de Vincent Lambert. Que s’est-il passé pour ce jeune homme ? Quels sont, aujourd’hui, les principes relatifs à la prise en charge de la fin de vie ?

La question épineuse de la fin de vie fait souvent débat. Le Cours Minerve revient sur le cas Vincent Lambert.

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Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif

Le 29 septembre 2008, Vincent Lambert, âgé de 32 ans et infirmier en psychiatrie, est victime d’un accident de la route. Après une période de coma végétatif, les médecins indiquent qu’il est en état pauci-relationnel ou « état de conscience minimale plus », qui se définit comme « une ouverture des yeux avec une conscience « partielle » possible, mais insuffisante pour qu’une communication fonctionnelle puisse s’établir. On observe souvent certains gestes non réflexes, notamment une poursuite visuelle ».

Entre 2008 et 2012, Vincent Lambert est admis dans différents services d’hospitalisation qui ont des lits réservés pour les patients en état pauci-relationnel. Fin 2012, face à des signes interprétés comme des refus de soins, le chef de service du centre hospitalier universitaire de Reims évoque la question de l’obstination déraisonnable et propose la tenue d’une procédure collégiale afin de discuter sur la poursuite, ou non, des soins. Dès lors, deux parties s’opposent : une partie de la famille – dont la femme – est favorable à l’arrêt des soins tandis qu’une autre partie – dont les parents – y est totalement hostile. Chacune de ces parties, dès lors qu’une décision ne leur convenait pas, a porté l’affaire devant la justice.

Ainsi, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et le Conseil d’État ont eu à se prononcer, de même que la Cour européenne des droits de l’Homme. Ces deux dernières instances ont validé la décision du chef de service, prise après la procédure collégiale, d’arrêter les soins de M. Lambert. Mais entre-temps, le chef de service a démissionné et la procédure a dû être renouvelée par son successeur. À ce jour, pas moins de cinq tentatives d’arrêt des thérapeutiques ont eu lieu, et la procédure est toujours en cours devant les juridictions françaises et instances internationales.

La procédure relative à la fin de vie

Afin d’améliorer les droits des malades en fin de vie, le législateur a en 2005 et 2016 édicté de grands principes parmi lesquels :

  • Toute personne a le droit à une fin de vie digne, apaisée et sans douleur.
  • Les soins ne doivent être poursuivis par une obstination déraisonnable.
  • La douleur doit être traitée même si le traitement a « pour effet secondaire d’abréger la vie».
  • Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées. Pouvant être modifiées et/ou révocables à tout moment, elles ont une durée illimitée.
  • « Lorsque la personne est hors d’état d’exprimer sa volonté, la limitation ou l’arrêt de traitement susceptible de mettre sa vie en danger ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale définie par le Code de déontologie médicale et sans que la personne de confiance […] ou la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne, aient été consultés. La décision motivée de limitation ou d’arrêt de traitement est inscrite dans le dossier médical».

La conclusion

Si cette affaire a un fort retentissement médiatique, elle aura eu le mérite de permettre aux Français de débattre, s’interroger et de se renseigner sur les directives anticipées. De son vivant, chacun peut décider des conditions de sa fin de vie. Une possibilité à ne pas méconnaître.

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