Le secrétaire d’État à la protection de l’enfance a annoncé le lancement d’un groupe de travail sur l’accueil des enfants autistes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Parallèlement, la plateforme téléphonique et Internet « Autisme info service » est mise en place le 2 avril. Car le trouble autistique demeure en situation de carence d’informations et plus globalement de prise en charge compétente et efficace.

Quelle prise en charge pour l'autisme, trouble qui souffre d'une grande carence d'information

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L’autisme, de quoi s’agit-il ?

Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) naissent d’une altération du neurodéveloppement et sont considérés comme des troubles envahissants du développement (TED)(1). Leurs manifestations apparaissent en général avant l’âge de trois ans, et perturbent la communication, les interactions sociales et le comportement. Si l’on parle de « spectre », c’est en raison de la diversité des formes de ce trouble.

La recherche en neurologie, psychologie et génétique s’attache à mieux comprendre ce handicap, reconnu comme tel en France en 1996. Un accompagnement éducatif, psychologique, comportemental et médical augmente l’autonomie des personnes.

De réelles difficultés d’insertion sociale

L’exclusion sociale frappe durement les personnes atteintes et ce, dès l’école. Pourtant prévue par la loi du 11 février 2005(2) et la loi de refondation de l’école(3), leur scolarisation en milieu ordinaire et l’accompagnement personnalisé sont difficiles d’accès, et l’orientation en institut médico-éducatif (IME) trop systématique.

Le monde du travail reste également fermé aux personnes autistes, malgré la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) et la loi de 2005, qui impose aux employeurs un « aménagement raisonnable » et sanctionne toute discrimination fondée sur le handicap.

L’accès au logement constitue également une véritable difficulté : qu’il s’agisse de foyers d’accueil médicalisés (FAM), de foyers occupationnels ou de maisons d’accueil spécialisées (MAS), les places sont insuffisantes.

L’action des pouvoirs publics

Le quatrième plan autisme 2018-2022 vise la recherche, le dépistage précoce et une prise en charge inclusive de l’autisme. Plus récemment, le secrétaire d’État à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, a lancé un groupe de travail sur l’accueil des enfants autistes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Après la publication d’un rapport faisant état de placements abusifs d’enfants autistes dont les parents étaient suspectés de carences éducatives, une telle initiative semble salutaire. C’est enfin la plateforme téléphonique et Internet « Autisme info service »(4), mise à disposition le 2 avril dernier, qui vient compléter la liste des actions publiques en matière d’autisme. Il s’agit ici de répondre aux questions et aux besoins des parents en termes de diagnostic, de scolarité, d’établissements et autres dispositifs susceptibles de permettre l’accès au droit.

Conclusion

Le bilan du précédent plan autisme était tenu pour mitigé par les professionnels et les familles, qui souhaitent des vraies avancées. La version 2018 a l’ambition de s’attaquer au cœur des problématiques liées aux troubles du spectre autistique. S’il est encore tôt pour en mesurer les effets, la création toute fraîche d’un secrétariat d’État à la protection de l’enfance, conjuguée à celle d’une plateforme dédiée à l’autisme laisse présager une prise en compte des immenses besoins en la matière.

(1) Classification internationale des maladies (CIM 10) et classification des troubles mentaux (DSM IV).
(2) Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
(3) Loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République.
(4) Soutenue par des associations, la région Île de France et le secrétariat d’État aux personnes handicapées.

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