121 : c’est le nombre de femmes tuées sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints l’an dernier. Pour y remédier, un Grenelle des violences conjugales a lieu depuis le 3 septembre dernier partout en France. Décryptage.

Alors que les cas de féminicide se multiplient, Cours Minerve décrypte pour vous le Grenelle des violences conjugales, qui a lieu en France depuis le 3 septembre dernier.

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Violences conjugales : de quoi s’agit-il ?

Les violences conjugales se manifestent par des comportements agressifs, violents et destructeurs répétitifs de la part du partenaire : violence verbale (injures, menaces), violence psychologique (humiliations), violence économique, violence sexuelle (viols) ou violence physique (coups). Selon la Convention d’Istanbul de 2011, « La violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes ».

Dans les stéréotypes sexistes, la femme est un objet que l’on peut posséder et détruire. Ce qui explique les meurtres ayant lieu au moment de la séparation, lorsque la femme tente de se libérer d’un homme violent. Notons que le féminicide, qui désigne le meurtre d’une femme en raison de sa condition féminine, demeure absent du droit français.

Le cycle de violence

Chaque épisode de violence conjugale s’inscrit dans un cycle en 4 étapes :

  1. La tension : le compagnon montre de l’agacement.
  2. La violence : le compagnon perd le contrôle et exerce des violences sur la victime.
  3. Les justifications : le compagnon trouve des excuses à ses actes.
  4. La lune de miel : le compagnon minimise, redevient « amoureux », la victime lui pardonne.

Au fur et à mesure de la relation, les cycles se rapprochent, pouvant conduire au féminicide.

Des solutions peu sollicitées

Les victimes, généralement sous l’emprise de leurs partenaires, ont du mal à rompre le silence. Ce phénomène de violence psychologique entraîne un « brouillage » dans le cerveau de la victime. Celle-ci s’habitue à être dénigrée jusqu’à trouver cela normal. Le phénomène d’emprise est renforcé par l’isolement (des amis, de la famille) orchestré par son bourreau.

Depuis le début de l’année 2019, déjà 107 féminicides conjugaux ont été comptabilisés sur notre territoire. Un chiffre en légère augmentation malgré les outils médico-sociaux et judiciaires existants : structures d’accueil et d’hébergement, consultations hospitalières, urgences médico-judiciaires. Cependant, ces solutions ne sont pas assez utilisées par des victimes sous emprise ou en situation de dépendance financière.

Le Grenelle : quel objectif ?

Le premier Grenelle des violences conjugales a démarré le 3 septembre dernier. L’objectif : coordonner l’action de tous les acteurs pour assurer la prévention, la protection et la prise en charge des victimes. 12 semaines de discussions sont prévues au sein des 91 Grenelles locaux avec plus de 80 participants issus de domaines différents.

  • Priorité n° 1 : protéger les femmes en les mettant à l’abri. La création de 1 000 nouvelles places d’hébergement d’ici 2020 a déjà été annoncée et des aides d’Action logement seront proposées. De plus, le bracelet électronique anti-rapprochement sera généralisé.
  • Priorité n° 2 : la prise en charge des victimes dès le procès-verbal, avec la possibilité de porter plainte directement à l’hôpital. Un audit sera réalisé dans 400 commissariats et gendarmeries pour résoudre les dysfonctionnements. 73 postes de psychologues y ont déjà été créés.

Conclusion

L’égalité femmes hommes étant l’une des grandes causes de ce quinquennat, des mesures avaient déjà été prises : la création d’une plateforme de signalement en ligne et un fonds de 120 000 € dédié au numéro 3919. Pour certaines associations, les mesures annoncées relèvent d’un simple un « coup de com’ » du Gouvernement. D’autres sont confiantes et attendent les conclusions de la concertation, prévues le 25 novembre prochain.

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