Les personnes incarcérées doivent avoir accès, comme l’ensemble de la population, à des soins de qualité. Quelle est, aujourd’hui, la prise en charge des personnes détenues ? Quels sont les objectifs et principales mesures de la feuille de route 2019-2022 qui vient d’être dévoilée ?

Quelle est la prise en charge des personnes détenues ? Découvrez les objectifs et mesures prévues pour 2021-2022

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La population carcérale

Selon les statistiques mensuelles de l’administration pénitentiaire, la France dispose de 61 010 places de détention. Or, au 1er avril 2019, le nombre de personnes détenues était de 71 828 soit une densité à 117,7 %. Les personnes incarcérées sont principalement des personnes condamnées, dont très majoritairement des hommes. Du fait de l’inadéquation entre le nombre de personnes incarcérées et le nombre de places disponibles, les observateurs dénoncent les conditions d’accueil et d’hygiène, mais également les problèmes liés à la prise en charge sanitaire des détenus. Ainsi, la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme pour « traitements dégradants et inhumains ».

La prise en charge sanitaire en prison

Selon un rapport de l’Assemblée nationale, « les pathologies mentales sont surreprésentées en milieu carcéral » et selon la dernière enquête épidémiologique nationale de référence, publiée en 2006, « 8 hommes sur 10 et plus de 7 femmes sur 10 présentaient au moins un trouble psychiatrique, la grande majorité cumulant plusieurs troubles (troubles anxieux, dépressions, troubles bipolaires, psychoses…) ainsi que des dépendances ».

Aujourd’hui, la prise en charge sanitaire est organisée au sein d’unités sanitaires implantées en milieu sanitaire (USMP), lors d’hospitalisations à temps partiel à l’hôpital ou en milieu pénitentiaire ou lors d’hospitalisations à temps complet en unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA).

Une feuille de route pour améliorer la santé des détenus

Selon la ministre des Solidarités et de la Santé, les détenus sont des personnes vulnérables qui « cumulent […] souvent de nombreuses difficultés d’ordre sanitaire, économique ou social ». Afin de leur permettre de se reconstruire en vue de leur sortie et de préparer leur réinsertion, il est nécessaire que leur santé ne soit pas un obstacle à ce cheminement. Ainsi, avec la ministre chargée de la justice, elle vient de présenter une feuille de route sur trois ans (2019-2022) pour la santé des personnes placées sous main de justice. Celle-ci vise à déployer 28 mesures réparties au sein de 5 priorités :

  • Mieux suivre l’état de santé global des détenus avec le lancement d’études nationales sur la santé mentale des détenus ou la mise en place d’outils de suivi de leur état de santé et de leurs recours aux soins en détention.
  • Développer la prévention et la promotion de la santé auprès des détenus avec, par exemple, la facilitation à l’accès d’un bilan de santé complet pour les jeunes pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse ou encore le renforcement des actions de prévention du suicide.
  • Améliorer l’accès aux soins des personnes détenues avec entre autres le déploiement, en milieu pénitentiaire, de la télémédecine ou la création de nouvelles places en UHSA.
  • Repérer et prendre en charge la dépendance en milieu carcéral.
  • Assurer la continuité de la prise en charge à la sortie de la détention.

La conclusion

Les personnes placées sous main de justice, dont les personnes incarcérées, sont des personnes vulnérables. Afin de favoriser leur réinsertion et de préparer leur sortie, un plan d’amélioration de la prévention, de l’accès aux soins et du repérage du handicap ou de la perte d’autonomie sera donc appliqué.

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